En 1937, un marchand de fruits et légumes de Californie, un certain L. E. Hammond, cherche des noix de caryer dans un marais dégagé au Nord de la Californie, à quelques 50 miles (80 kilomètres) à l’intérieur des terres de l’île de Roanoke. Il y découvre une pierre inscrite et l’apporte à l’Université Emory d’Atlanta pour la faire déchiffrer.
Le texte de la pierre semblait avoir été gravé par Eleanor White, la fille du gouverneur John White, de l’expédition de 1587 vers Roanoke. Le texte raconte que les colons avaient enduré deux années de misères et de guerre après que son père eut quitté Roanoke pour l’Angleterre : la moitié des colons avaient été tués par les Indiens au cours d’un combat armé tandis que beaucoup d’autres, dont son mari Ananias et sa fille Virginia Dare, avaient été immolés lorsque les Indiens avaient décidé que la présence des colons anglais excitait la colère des Esprits. Seuls sept d’entre eux avaient été épargnés.
La pierre fut considérée comme authentique et un article fut publié par le professeur Haywood J. Pearce junior à ce sujet. Les recherches menées à Edenton, lieu de la découverte par Hammond de cette pierre inscrite, furent sans succès et de la suspicion fut jetée sur son authenticité. De plus, après que le professeur Pearce junior eut payé Hammond et proposé à la population une somme de 500$ pour chaque nouvelle pierre inscrite trouvée, on peut aisément imaginer le nombre de celles qui affluèrent à l’université. La carrière de Pierce en souffrit et les pierres furent reléguées dans le sous-sol de l’université de Brenau en Géorgie.
Mais bientôt, des universitaires remarquèrent que la pierre originale apportée par Hammond, la « Dare Stone », était d’une composition chimique autre que celles des pierres qui avaient été apportées par la suite : un quartzite blanc brillant à l’intérieur et un quartzite sombre à l’extérieur. Difficile à répliquer à cette époque et ne contenant pas les anachronismes de langage des autres pierres, elle pouvait être authentique bien qu’il n’était pas coutumier au 16ème siècle de signer « EWD » (Eleanor White Dare) pour Eleanor Dare. Voici donc les translittération et traduction complètes de cette « Dare Stone ».
La Dare Stone mise à l’endroit :
Face A :
Face B :
Traduction de la face A :
Croix de Malte
Ananias Dare et
Virginia sont allés d’ici
au ciel 1591
Qu’un homme anglais montre [ceci] à
John White Gouverneur de Virginie
Traduction de la face B :
Père, après que tu
sois parti pour l’Angleterre nous sommes venus
ici. Seulement souffrance et guerre.
Deux ans, plus de la moitié étaient morts. Deux
ans de plus, pour cause de maladie, vingt-quatre.
Un Sauvage avec un message d’un bateau vers nous. Pendant un petit
laps de temps ils ont eu peur d’une vengeance. Ils se enfuis,
tous. Nous croyons que [ce n’était] pas toi. Peu après
cela, les Sauvages veulent que les Esprits soient en colère. Soudain
ils tuent tout le monde, sauf sept. Mon enfant
[et] Ananias ont été tués (de manière violente), avec beaucoup de souffrance.
Ils sont enterrés tous, à près de quatre miles à l’Est de cette rivière,
sur une petite colline. Des noms sont inscrits tous, là,
sur une roche. Mets aussi celle-ci (= cette pierre) là-bas. Qu’un Sauvage
te montre ceci et ici nous
promettons que tu [lui] donneras une grande
quantité de cadeaux.
EWD (Eleanor White Dare).
Remarque : l’anglais d’Eleanor White Dare est un mélange d’anglais shakespearien et d’anglais élisabéthain.
Remarque 2 : la traduction française du texte de la Dare Stone est d’Oksana Lewyckyj.
Commentaire :
On peut comprendre la fin de la face B de deux façons :
1.Les noms des autres personnes décédées sont tous inscrits sur une même roche (un grand rocher) sur une colline.
2.Virginia Dare appelle « roche » une pierre du même type que celle sur les photos ci-dessus. Dans ce cas, chaque pierre ou roche porte le nom d’une personne ou d’une famille décédée. Il y aurait donc une multitude de pierres ou de roches inscrites.
Comment savoir alors si les pierres conservées à l’Université de Brenau sont authentiques ?
Si elles le sont, elle portent les noms présents sur la liste de ceux qui sont partis. Ce n’est pas le matériau utilisé qui est le plus important, chacun de ceux qui ont gravé ces pierres ayant utilisé ce qu’il avait sous la main avant de porter ensuite sa pierre ou sa roche au lieu-dit, sur la colline. Si d’autres personnes que Virginia Dare savaient écrire au moins un peu, ces personnes ont très bien pu choisir de graver elles-mêmes les noms de leurs proches ou amis disparus. Voici donc les noms qui devraient figurer sur les pierres apportées à l’Université de Brenau si ces pierres sont authentiques :
N.B. : Cet article fait suite à deux autres qui l’ont précédé :
• Roanoke : The Lost Colony, publié le samedi 19 octobre 2024 dans ce même blog :
https://oksanalewyckyj.blogspot.com/2024/10/roanoke-lost-colony.html
• Amérique (Roanoke), publié le mardi 26 mars 2024 dans ce même blog aussi :
https://oksanalewyckyj.blogspot.com/2024/03/amerique.html
L’image 1 est ma capture d’écran d’une photo © AJ Reynolds/Brenau University.
L’image 2 est ma capture d’écran d’une photo prise le site nativeheritageproject,com « The Lost Colony and Pelzer, SC ».
Les images 3-4-5-6 sont mes captures d’écran de documents © Brenau University
L’image 7 est ma capture d’écran d’une photo prise sur www.nps.gov (National Park Service).
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Concernant le linéaire A, le but est triple :
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- Montrer qu’il y avait également une présence hourrite en Crète à l’époque minoenne.
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Concernant les civilisations anciennes, ce blog ne se limite pas à la minoenne.
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dimanche 19 octobre 2025
The Lost Colony (Roanoke)
Je suis une orientaliste diplômée d'un master universitaire 120 crédits en Langues et lettres anciennes, orientation orientales, à finalité approfondie. Avant d'entreprendre ces études, j'avais déjà réussi brillamment, à l'université, les niveaux supérieurs d'autres langues anciennes que celles figurant sur ce diplôme. J'ai deux fils : Sébastien Mercier, assistant vétérinaire (martinets) à Frankfurt am Main (Allemagne) et Gabriel Mercier, post-doctorant en chimie à l'Université de Montréal, UdeM (Canada). Remariée à Pavarotti, ténor colorature ayant fait une carrière de 45 ans à l'Opéra, j'aime, moi aussi, le chant et l'Opéra. Je suis également soprano colorature. IMPORTANT: NI LES IMAGES, NI LES PHOTOS, NI LES ARTICLES, NI LES TRAVAUX, NI LES CACHES DE CE BLOG, NE SONT LIBRES DE DROITS.Je suis l'unique auteur, administrateur et propriétaire du blog "Langues, écritures, et civilisations anciennes" : https://oksanalewyckyj.blogspot.com/ ainsi que du blog "Luciano Pavarotti le Ténor excellent aux contre-ut, contre-ré, contre-mi bémol et contre-fa tenus" : https://oksanalewyckyj2.blogspot.com/Contact : e-mail : oksana.lewyckyj@gmail.com et GSM : +32 476 39 01 89.








