Photo ci-dessus : Oksana Lewyckyj chez Luciano Pavarotti, Modène, Italie.


LANGUES, ÉCRITURES, et CIVILISATIONS ANCIENNES

Concernant le linéaire A, le but est triple :
- Montrer qu’il y avait déjà une présence mycénienne / grecque en Crète, dès le Minoen Récent I, et que ces Mycéniens / Grecs utilisaient l’écriture linéaire A pour transcrire leur propre langue.
- Montrer qu’il y avait également une présence hourrite en Crète à l’époque minoenne.
- Vérifier si le linéaire A note aussi une langue sémitique (le cananéen ancien), opinion de Luciano Pavarotti.
Concernant les civilisations anciennes, ce blog ne se limite pas à la minoenne.

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jeudi 14 février 2013

Koloisippos, grec ou étéocrétois?





L’inscription *ARC a, découverte à Ini (Crète) sur une grande stèle en pierre calcaire, datation : IIème – Ier siècle av. J.-C., est un document officiel, donnant les comptes d’une cérémonie ou d’un organisme religieux. Elle est conservée au musée archéologique d’Iraklion. Le texte est grec (voir image n°1) mais contient un groupe de termes d’aspect non hellénique, écrit Yves Duhoux, dans son livre L’étéocrétois. Les textes. La langue, Amsterdam 1982, p. 89-90 . Sept mots, pour lui, ne sont pas immédiatement interprétables par le grec, à savoir (p. 93) :
-τὸ αιχνινον
-ὁ παρελαιν
-ὁ κολοισιππος
-ὁ καλεων
-ἁ σ(γ ?)ακυκα
-ὁ οξυπιδας
-…..](χ ?)ο

Il admet, cependant, une interprétation hellénique possible pour ὁ οξυπιδας, qui serait composé de ὁξυ— et de —πῑδᾱς, désignant le « vinaigrier » (haut de la p. 94, voir image n°2).

Concernant le mot ὁ κολοισιππος, il écrit, au bas de la p. 94, qu’une solution, à peine meilleure que celles proposées par Marinatos en 1933 et Woodward en 1936, consisterait à voir en ὁ κολοισιππος un composé à second terme en —ιππος « cheval », l’interprétation du premier terme du composé demeurant obscure (voir image n°2).

Je suis, personnellement, favorable à cette dernière solution. Je lis Ὁ κόλοις ἵππος et je l’interprète comme étant composé soit :
-de l’adjectif κόλος, ος, ον (κόλοις au datif pluriel) dont le sens premier est « tronqué, écourté », le second étant « aux cornes écourtées ou sans cornes »,
-du substantif κόλος, ου (ὁ) désignant un « quadrupède inconnu », peut-être le « renne » (BAILLY, p. 1114),
-du substantif κόλον, ου (τὸ) signifiant « côlon, gros boyau »,
et du substantif ἵππος, ου (ὁ), le cheval.

On aurait, littéralement,
1. «Le cheval pour / avec des cornes écourtées » : 67 deniers (le cheval à cornes étant un renne?).
2. « Le cheval pour / avec des rennes » : 67 deniers.
3. « Le cheval pour / avec des boyaux » : 67 deniers (divination au moyen des intestins du cheval ?).

Quelle que soit l’interprétation choisie pour le mot ὁ κολοισιππος, elle est possible par le grec elle aussi.

L’image n°1 est un assemblage des textes p. 90-91-92-93 de DUHOUX, Y., L’étéocrétois. Les textes. La langue, Amsterdam 1982.
L’image n°2 provient de DUHOUX, Y., op. cit., p. 94.

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Oksana Lewyckyj
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